Sujets fréquents en inspection
Voici un survol des sujets que nous observons souvent lors des inspections au Québec. Chaque section se termine par un lien vers une source officielle pour en savoir plus.
Avis : ces renseignements sont généraux et ne remplacent ni une inspection en bâtiment ni l'avis d'un professionnel qualifié pour votre situation.
Pyrite
La pyrite est un minéral présent dans certaines roches utilisées comme remblai sous les dalles de béton, surtout dans des maisons construites dans la région de Montréal entre les années 1970 et 2000. Au contact de l'humidité et de l'air, elle peut s'oxyder et faire gonfler le remblai, ce qui peut soulever ou fissurer la dalle du sous-sol ou du garage. Les signes possibles sont des fissures en étoile dans la dalle, un plancher bombé ou des portes intérieures qui frottent. L'inspection visuelle peut relever des indices, mais seul un essai en laboratoire selon le protocole reconnu (CTQ-M200) permet de confirmer la présence de pyrite. En cas de doute, consultez un ingénieur ou un laboratoire spécialisé.
Vermiculite (possibilité d'amiante)
La vermiculite est un minéral léger et granuleux, de couleur brun doré ou argentée, autrefois utilisé comme isolant en vrac dans les entretoits et les murs. Une partie de la vermiculite vendue avant 1990, notamment sous la marque Zonolite, peut contenir de l'amiante. Tant qu'elle n'est pas dérangée et qu'elle demeure isolée de l'espace habitable, le risque est faible. Il est recommandé de ne pas utiliser l'entretoit comme rangement, de colmater les ouvertures vers celui-ci et de ne pas la manipuler soi-même. Avant des rénovations, faites analyser un échantillon par un laboratoire et confiez le retrait éventuel à une entreprise spécialisée en désamiantage.
Source : Santé Canada – L'amiante et votre santé (section vermiculite)
Câblage électrique en aluminium
Le filage de dérivation en aluminium a été installé dans certaines maisons, surtout dans les années 1970. L'aluminium n'est pas dangereux en soi, mais il se dilate davantage que le cuivre et s'oxyde aux points de raccordement. Avec des prises, des interrupteurs ou des connecteurs non conçus pour l'aluminium, les connexions peuvent se desserrer et surchauffer. Les dispositifs compatibles portent la mention CO/ALR ou AL/CU. Certains assureurs demandent une évaluation ou des correctifs. Si votre maison en contient, faites vérifier les raccordements par un maître électricien membre de la CMEQ.
Amiante
L'amiante a été largement utilisé dans les matériaux de construction jusqu'à la fin des années 1980 : tuiles de plancher, crépi et plâtre, isolant de tuyaux, parement, bardeaux et certains composés à joints. Les matériaux en bon état, scellés et non dérangés présentent peu de risque. Le risque survient lorsque des fibres sont libérées dans l'air, par exemple en perçant, sablant, coupant ou démolissant. Une inspection visuelle ne peut pas confirmer la présence d'amiante : seule une analyse en laboratoire le peut. Avant des travaux dans une maison plus ancienne, faites tester les matériaux suspects et confiez leur retrait à une entreprise qualifiée.
Imperméabilisation et drainage des fondations
Un sous-sol sec dépend de deux éléments : l'imperméabilisation extérieure des murs de fondation (enduit bitumineux ou membrane, parfois avec une membrane de drainage à excroissances) et le drain de fondation, appelé drain français, qui évacue l'eau vers l'égout pluvial ou un puits de pompage. Avec le temps, un drain peut se colmater, s'affaisser ou être obstrué par des racines, surtout dans les maisons plus anciennes. Les signes possibles sont l'efflorescence blanche sur le béton, des traces d'infiltration ou une odeur d'humidité. Un bon nivellement du terrain et des gouttières qui éloignent l'eau aident beaucoup. Une inspection par caméra du drain peut confirmer son état.
Fissures de fondation
La plupart des fondations en béton présentent de fines fissures de retrait apparues lors du séchage du béton. Elles sont généralement sans conséquence structurale, mais peuvent laisser passer l'eau. Certaines fissures méritent plus d'attention : celles qui s'élargissent avec le temps, qui sont horizontales, en escalier ou qui présentent un décalage entre les deux côtés. Au Québec, les sols argileux peuvent aussi causer des mouvements lors de périodes de sécheresse. Les fissures qui laissent entrer l'eau peuvent souvent être colmatées par injection. Lorsqu'une fissure semble évoluer ou toucher la structure, il est recommandé de consulter un ingénieur en structure.
Plomberie d'alimentation en plomb et en acier galvanisé
Dans les bâtiments construits avant 1970, l'entrée d'eau peut être en plomb : un tuyau gris, mou, qui ne résonne pas quand on le frappe et n'attire pas un aimant. Le plomb peut se dissoudre dans l'eau potable, surtout après une longue stagnation. L'acier galvanisé, utilisé jusqu'aux années 1960 environ, se corrode de l'intérieur, réduit la pression d'eau et peut retenir du plomb provenant de tuyaux en amont. Le remplacement est la solution durable. À Montréal, le remplacement de la partie privée d'une entrée d'eau en plomb est obligatoire lorsque la Ville planifie des travaux. Consultez un plombier pour confirmer le matériau.
Source : Ville de Montréal – Plomb dans l'eau · Santé Canada – Eau potable : qu'en est-il du plomb?
Moisissures
Les moisissures se développent lorsqu'il y a de l'humidité : infiltration d'eau, fuite de plomberie, condensation ou ventilation insuffisante. On les remarque souvent par des taches, une décoloration ou une odeur de terre ou de moisi, notamment au sous-sol, dans les salles de bain et dans l'entretoit. Santé Canada recommande de garder l'humidité relative entre 30 % et 50 % et de corriger la source d'humidité, sinon les moisissures reviendront. De petites surfaces peuvent généralement être nettoyées avec de l'eau et du savon. Pour une contamination étendue, ou si elle revient après nettoyage, faites appel à un professionnel.
Source : Santé Canada – Moisissures
